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vendredi 6 décembre 2019

2019/12/05 De Johannesburg à Buenos Aires


Aéroport Tambo Johannesburg

2019/12/06 nuit du 5 au 6 décembre.

Le vol vers Buenos Aires.
Départ de Tambo, aéroport international de Johannesburg


De Johannesburg, pour rejoindre Buenos Aires, la compagnie South Africa traite avec Aerolíneas Argentina et pour prendre cette nouvelle compagnie, on fait étape à Sao Paolo airport GRU. Pour passer du terminal 3 au terminal 2 le chemin est long mais comme les bagages suivent j’ai le temps de flâner. Le plus dur est le décalage horaire qui rallonge la journée de vol alors que la montre affiche 21 h, il faut la régler à 16 h...le voyage jusqu’à Sao Paolo a duré près de dix heures et il reste encore 3h de vol. 
Nous voilà en vue de Buenos Aires, la nuit est claire et la ville qui s’étale à nos pieds est fantastique. Il faudrait un appareil photo ultra sensible pour rendre le spectacle : on dirait une toile tissée avec régularité, toile de petits carrés de même dimension bordés de lumières, un voile tissé dont les fils seraient des paillettes. Et cette toile n’en finit pas. L’avion plonge dans une zone plus sombre et nous voilà arrivé. Passage au contrôle, tamponne sur le passeport, récupération du sac à dos et me voilà dans le hall où Guillaume est là à m’attendre depuis longtemps à cause du retard du vol. Nous prenons un taxi Uber dont le chauffeur est très loquace. Il nous dépose à l’appartement au centre ville rue Sanchez de Bustamante 518.prix de la course 1060 pesos 
Quand je lui parle de la toile d’araignée vue du ciel, Guillaume m’explique que là villes est divisée en cuadras, c’est à dire en quartiers et que chaque côté de carré mesure 100 m...


Soweto(2)

Nous quittons ce lieu toujours sous la pluie et reprenons le minibus pour découvrir un autre quartier de Soweto, celui où Mandela et Demond Toutou ont vécu. Ici, les rues sont larges, goudronnées, bordées de trottoirs, les petites maisons s’alignent derrière des murs. Nous nous promenons là une demi-heure, tout est fait pour le touriste ici : on a installé des panneaux informatifs, des sculptures qui rappellent l’événement tragique de 1976 qui a coûté la vie à des lycéens,

 on passe devant la maison de Demond Toutou, évêque et héros de la lutte contre à discrimination, maison cachée par un mur portant une plaque. 

A quelques pas de là la maison où Mandela a vécu avec sa deuxième épouse. 


 Un groupe de danseurs fait une exhibition à l’angle de la rue.

Ici on voit des arbres, des jardins, pas de montagnes de détritus, tout est propret, un contraste avec la vision du monde que nous avions visité quelques minutes plus tôt.


 Le fossé, c’est bien l’argent.
Ces disparités criantes existent bien ici mais aussi dans notre monde et tant que la solidarité n’existera pas et que les enjeux financiers primeront, on ne pourra pas parler d’égalité. Voilà mon sentiment.

2019/12/04 Johannesburg : Soweto (1)



Une sortie à faire absolument pour réaliser l’énorme fossé qui peut exister entre les conditions des hommes. 
SOWETO est une banlieue de 4 millions d’âmes et son nom So We To signifie South West Township. C.est ici à une demi-heure du centre de Johannesburg qu’on a transféré les populations pauvres de la ville en 1904 pour assainir... même méthode qu’à Paris par exemple quand on a fait appel à Haussonville pour reconstruire le centre et qu’on a déplacé les miséreux vers la banlieue. « Mettre au ban de la société », ce qui dérange, c’est bien ça le souci des décideurs. Délocaliser pour éloigner la misère du regard.











Il pleut, nous entrons dans un village fait de cases en tôle, tôles instables, rouillées parfois, de guingois, on pourrait parler d’abris plutôt que d’habitation et la s’entassent des familles. Pas d’eau courante, des câbles électriques dans ce secteur amènent la lumière. Mais même le jour on voit vivre la population dans l’ombre. Imaginez une zone en friche, au 
sol sablonneux rouge, inégal, des abris serrés les uns contre les autres, aucun espace vert -pas de jardin, pas d’arbres- on chemine dans des allées étroites dans ce labyrinthe, en essayant d’être discret, nous avons la chance d’être introduits ici par deux enfants du pays qui ont grandi 
dans ce quartier, deux hommes qui veulent qu’on n’oublie pas d’où ils sont venus. On nous dit de saluer en zoulou « somani banani » et répondre “yebo”. Les gens ne nous 
accostent pas, ils continuent de vivre, si on peut appeler ça 
vivre...et ils nous sourient, et échangent avec notre guide, on sent qu’il est très apprécié de cette communauté. 
Promiscuité, insalubrité, mais on se respecte. C’est l’heure de l’école, tous les enfants sont regroupés dans les établissements,à l’entrée du village, sinon j’ose imaginer 
qu’ils nous auraient suivis comme ils le font partout dans le monde.
Des toilettes « de chantier” vertes sont installées à divers endroits, des tas de détritus jonchent le sol un peu partout. 
Nous déambulons une quinzaine de minutes dans ces favellas.
On nous montre la boutique du quartier, un magasin de stockage, mais n’y entrons pas, ni d’ailleurs dans les abris en tôle. 


Avant de repartir, nous entrons dans les trois écoles qui fêtent aujourd’hui Noël. Un père Noël est venu apporter des cadeaux entassés sous un sapin, des sponsors ont aidé ce Père Noël belge à s’approvisionner en jouets et friandises. Une intervenante française fait chanter les enfants en anglais, c’est la fête, on maquille les gamins et on les fait 
danser. Ici fonctionne une école privée, financée par des 
mécènes. Les plus grands ont préparé un spectacle de danse. On l’accompagne de chants et de battements de tambour. Aucun ne se fait prier pour danser, comme à Madagascar où la danse s’apprend au berceau et où on aime chanter à l’unisson. 






Cette adhésion au chant et à la danse collectives m’a toujours séduite, elle forge une cohésion et fait partie de la culture. Dans nos pays européens, on ne cultive que l’individualisme et cet aspect solidaire de la culture passe aux oubliettes. Une belle carence ! (A suivre)







jeudi 5 décembre 2019

2019/12/04 Déjeuner à Soweto

Nous étions une demi-douzaine de routards à parcourir Soweto avec un guide de Curiocity né dans ce district. 

Au lieu de nous emmener dans les restaurants pour touristes, il nous a menés au « Shak » un bar local où il nous a fait goûter la bière locale, la CHILSUKU, une bière rose au goût acidulé. Il a mélangé la cervoise en agitant poterie.

Nous avons fait tourné le vase dans lequel il a versé le liquide. 




Puis il nous a fait apporter à chacun le sandwich traditionnel des lieux : le kota.Un casse-croûte étouffe-chrétien avec deux belles tranches de pain, une tranche de saucisse, tranche de fromage, avec des frites, des légumes, du poulet... 



mardi 3 décembre 2019

Premiers pas dans Joburg

L
Arrivée à Maboneng, un quartier de Joburg.

Le véhicule très confortable - un taxi Uber- qui nous conduit à Johannesburg (Jobeurg) - comme on dit ici - est conduit par un rasta bien habillé. Ce dernier entame pendant la dem-heure de trajet une conversation en anglais avec mon jeune camarade allemand. Nous sommes prévenus, on ne circule pas l’esprit libre malgré la fin de l’apartheid...
Rien de très rassurant dans tout ce qu’il nous dit : il faut éviter certains quartiers et même le centre ville quand on est un blanc seul... la pauvreté pousse à la délinquance, on peut être pris à parti et un portable disparaît très vite... mon logeur déjà dans son courrier m’ avait touché un mot sur le 
vol des portables. Notre chauffeur nous raconte aussi qu’il 
*existe toujours des écoles pour Blancs et des écoles pour 
Noirs... Quand il me dépose à Maboneng dans la Fox Street, il dit que c’est un bon choix. Le quartier est sûr.

Je récupère la clef de mon appartement dans la loge d’une concierge, monte au 5e étage, m’installe dans mon super studio et branche la wifi, prends une douche puis descends faire connaissance avec le quartier. 

Je suis séduite, je pensais que les touristes gâcheraient 
l’authenticité des lieux, mais non, de nombreux autochtones se promènent là, font du business. 


La rue est bordée de restaurants, tous joliment graffés...les murs extérieurs aussi sont couverts de dessins. 


J’entre dans une petite épicerie et achète 3 bananes et une bouteille d’eau. Le tout pour moins d’un euro. Puis je bavarde dans la rue avec un vendeur de mangues. Le fruit vaut 10 rands, à savoir moins 70 centimes, il vient du Limpopo, une province du nord,





Non loin de là je vois des groupes de gens, tous noirs, qui font de la popote, d.autres qui bavardent. Mais j’ai peur de les gêner si je les prends en photo et dieu sait que j’en meurs d’envie. Là, ils sont bien gravés dans ma mémoire, inutile de tout immortaliser.

Plus loin je m’arrête auprès d’un jeune agent de sécurité qui a charge de protéger les touristes d’éventuelles agressions. A chaque intersection, on voit ces hommes qu’on aborde très facilement.

Sur une terrasse qui fait face à mon appartement, je commande une bière légère et on me sert une Castel Light. 
Je reste assise là un bon moment à regarder les 
mouvements dans la rue, les gens qui portent de lourds charges, les touristes qui posent. Il fait bon. 



Je suis dans un quartier rénové où les artistes exposent, créent... Je bavarde avec José qui me chante un maloya que lui aurait fredonné et appris un Réunionnais.


Une ruelle m’attire, je la traverse : des silhouettes humaines prises au piège dans des filets occupent les lieux. Rappel de cette liberté si dure à conquérir...



Je me rends dans la boutique pour routards que m’a recommandée Nathaniel : là, je m’inscris  pour une demi-journée de visite à Soweto. 

Comme il y a 2 h décalage de deux heures avec la Réunion, la journée aura été plus longue... je regagne mes pénates.